Epargnons l’Arctique pour sauver l’espèce Humaine


Demandons à l’Europe d’imposer un moratoire sur l’exploitation des ressources en Arctique


Moratoire Emile Vivier, Antoine Bonte, Alfred Leclercq


Présenté par Nord Ecologie Conseil


En quoi un Danois, un Canadien, un Russe, un Américain, a-t-il plus de légitimité qu’un Aborigène, un Péruvien, un Malien, un Malgache pour revendiquer des réserves accumulées sous l’océan Arctique à une époque où l’espèce humaine n’était encore qu’une improbable possibilité de l’évolution.

Ce qui est vrai dans l’espace l’est aussi dans le temps : en quoi une quinzaine de générations s’autorise le droit de piller, au profit d’une minorité, des réserves inaliénables propriété du  Vivant passé, présent et futur.


L’Humanité dispose peut-être d’une dernière chance pour se sauver et comprendre enfin l’étendue du problème auquel les générations futures auront à faire face.

Ne pourrissons pas l’océan arctique comme nous avons pourri le Rhône et tant d’autres fleuves et rivières.


En 50 ans la température moyenne de la terre a augmenté d’environ 0.6 °C, mais la température de l’Arctique a augmenté de 2.1°C. Il y a fort à craindre une accélération de cette évolution : la diminution de la banquise entraîne un réchauffement de l’eau liquide et la fonte du permafrost dégage de grandes quantités de méthane, gaz hautement actif par effet de serre, sans compter les risques de fonte de la calotte polaire du Groenland et les risques de modification du Gulf Stream ; bel exemple de réaction positive.

Ces variations, beaucoup trop rapides à l’échelle géologique, ne permettront pas à la Planète de s’adapter comme elle a su le faire de nombreuses fois dans son histoire.

L’effet anthropique de ces changements devient de plus en plus difficile à nier, sauf peut être par ceux qui y voient, à court terme, une formidable opportunité d’accéder à ce qui semble être un potentiel de « richesses » pétrolières, gazières et autres.

Au risque de dégrader encore plus l’état de la Planète, les appétits s’aiguisent, une guerre économique se prépare, en attendant probablement plus.

Peut on imaginer que l’extraction de ces ressources n’engendre pas, dans l’état actuel de nos technologies des pollutions qui dégraderont encore plus l’état de l’Arctique, sans compter les risques d’accidents quasiment inévitables, de guerres, de sabotages ou d’attentats.

Ces richesses n’appartiennent t-elles pas à l’ensemble de l’Humanité, n’avons-nous pas déjà pillé suffisamment la Terre au détriment des générations futures pour ne pas décréter un moratoire sur cette région si importante pour la maintien de conditions de vie acceptables sur toute la Planète ?

Dans l’état actuel des techniques, ces exploitations seront coûteuses, dangereuses, aussi bien pour la Planète que pour ceux qui y travailleront. Investissons cet argent dans des énergies renouvelables, dans des techniques de traitements des déchets et de récupérations efficaces, de réparations d’espaces de vie et lorsque l’avenir de notre espèce ne sera plus menacé, il sera toujours temps pour les générations futures de décider ce qu’il conviendra de faire de ces ressources naturelles.


L’écologie humaniste, celle qui veut préserver un avenir acceptable pour la Planète et ses occupants,  doit « faire le pont » entre toutes les sensibilités politiques et philosophiques.



Emile Vivier : agrégé de Sciences Naturelles, docteur en biologie, professeur de Biologie animale à l’Université des Sciences de Lille où il a mis en place des cours d’écologie dès 1975,

a été chercheur à l’institut Pasteur et au CNRS.

Membre du conseil économique et social de la région Nord Pas de Calais.

a participé à la campagne électorale de René Dumont en 1972.

a participé à la fondation de Nord Nature pour s’opposer à la création d’un barrage dans l’estuaire de la Canche. Il a été membre du conseil d’administration de France Nature Environnement.

Membre fondateur et Président d’Honneur de Nord Ecologie Conseil.


Antoine Bonte : ingénieur I.D.N (devenue Ecole Centrale de Lille), docteur en géologie.

Dans son dernier livre, écrit en 1987 peu de temps avant son décès, il pose une question essentielle qui sert de base à notre motion : « à qui la Terre » (titre du livre). Il met en évidence que la lutte contre le gaspillage et la pollution suppose, au préalable, un accord international sur la propriété des richesses naturelles pour éviter que leur gestion ne soit laissée « à l’initiative d’individus sans scrupules ou d’organismes avides et irresponsables ».

Il met aussi l’accent sur le problème de la démographie galopante, véritable pollution qui potentialise toutes les autres, et comme le dit J.Y Cousteau dans la préface du livre : « ....l’influence déterminante de l’explosion démographique sur la dérive des riches vers le gaspillage et des pauvres vers la misère ».






Alfred Leclercq : agrégé de Sciences Physiques, professeur de chaire supérieure,

Professeur de Physique en Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles.

Membre fondateur et Président de Nord Ecologie Conseil

Membre du Comité de Pilotage de l’Alliance pour la Planète