un exemple de la confiance que l’on peut accorder aux groupes industriels pour communiquer sur la pollution générée par leurs activités (extrait de Médiapart)



«Une approche trop banale»

Un autre problème pointé par la commission est le rôle de BP, qui a exercé un contrôle étroit sur les abords du puits accidenté, dont l'accès était réservé aux engins robotisés de la compagnie pétrolière. De ce fait, BP a limité l'accès des scientifiques à des données importantes, tout en s'abstenant de communiquer ses informations les plus inquiétantes. L'attitude de BP a gêné les efforts des scientifiques pour répondre à la question cruciale de savoir quelle quantité de pétrole s'était répandue dans le golfe du Mexique. « Tout au long du premier mois suivant l'accident, les responsables du gouvernement ont officiellement adopté des estimations dont nous savons désormais qu'elles étaient basses et inadéquates», juge un rapport intitulé «La quantité et le sort du pétrole».

C'est le moins qu'on puisse dire. Le 23 avril 2010, l'amiral Mary Landry, coordinatrice des équipes de secours fédérales, annonce à CBS qu'« il n'y a pas, en ce moment, d'émanation de prétrole brut de la tête du puits au fond de l'océan, et pas non plus de pétrole sortant du riser”  la conduite qui amène le pétrole du fond de l'océan à la plate-forme ». Vingt-quatre heures plus tard, un robot de BP découvre deux fuites dans la conduite...

Le 24 avril, le corps des garde-côtes estime que 1000 barils par jour s'échappent du riser. On découvrira que ce chiffre était avancé, sans justification, par BP. Une semaine après, l'estimation officielle est passée à 5000 barils par jour, et restera à ce niveau pendant un mois, jusqu'au 27 mai. Là encore, aucun argument scientifique ne valide le chiffre.

Or, parallèlement, plusieurs groupes de scientifiques indépendants fournissent des estimations bien plus proches de la réalité. Le 27 avril, John Amos, de Skytruth.org, évalue l'importance de la fuite entre 5000 et 20.000 barils quotidiens, 5 fois le chiffre officiel. Le 1er mai, Ian MacDonald, océanographe à l'université d'Etat de Floride, avance le chiffre de 26.500 barils. Le 12 mai, BP diffuse une vidéo montrant le pétrole qui s'échappe de la conduite abîmée. Dans les 24 heures, trois scientifiques donnent de nouvelles estimations, revues à la hausse, en se basant sur des méthodologies différentes : Timothy Crone, géophysicien marin à Columbia University, évalue le flux total entre 50.000 et 100.000 barils; Eugène Chang, astrophysicien à Berkeley donne entre 20.000 et 100.000; et pour Steven Wereley de l'Université Purdue, le chiffre est de 72.179 barils par jour, plus ou moins 20%. Précisons que ces estimations cumulent pétrole et gaz. En supposant que les deux composantes représentent chacune la moitié des fluides répandus, il faut diviser les chiffres par deux pour avoir la quantité de pétrole.

BP tente en vain de disqualifier les travaux des chercheurs indépendants. Cinq jours plus tard, en s'appuyant sur la première vidéo qui montre la fuite apparue sur le coude de la conduite, Wereley produit une nouvelle estimation : 50.000 barils de pétrole, indépendamment du gaz, s'échappent chaque jour de l'ensemble du site.

Les estimations des chercheurs indépendants se sont révélées bien plus proches de la réalité que celles du gouvernement qui, pour l'OSC, «a adopté une approche trop banale (casual)». La commission juge que «les scientifiques non gouvernementaux ont fait de plus grands efforts pour être clairs et rigoureux dans leurs méthodologies».

Les responsables des équipes de secours gouvernementales ont affirmé à la commission que le fait d'avoir sous-estimé le problème n'avait pas eu de conséquence sur l'efficacité de leur action. Ils ont soutenu que leurs efforts étaient calculés en fonction du scénario le pire plutôt qu'en fonction des estimations officielles. Mais ce scénario du pire n'a jamais été publié et il existe des preuves selon lesquelles BP n'a transmis au “commandement unifié” qu'une version édulcorée de ses propres scénarios. Pour la commission, «le manque d'information a pu contribuer à nourrir le scepticisme du public quant aux efforts du gouvernement». De plus, «la réponse nationale aurait pu bénéficier d'un plus grand sens de l'urgence».


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